Cet immeuble appelé « Hôtel d’Orvilliers » depuis le XIXème siècle, a eu plusieurs possesseurs et donc plusieurs appellations.
Au vu de l’architecture de la cour intérieure, il est évident qu’il a été construit ou reconstruit au XVème siècle. En effet, c’est probablement les fils du chancelier Pierre de Carmone qui l’ont fait édifier, cependant il a subi plusieurs remaniements surtout sur la façade donnant sur la rue d’Allier.
On ne sait pas à quelle date Pierre Filhol, seigneur de Marcelanges, évêque d’Aix-en-Provence, acheta la propriété. Par contre, il dut le donner à un de ses proches, Gilbert Filhol, lequel l’a vendue à Jean de Lingendes, seigneur du Pouzeux.
Au XVIIème siècle, l’immeuble était désigné : « hôtel des Modières », du nom d’une famille qui en fut possesseur.
Au XVIIIème siècle, il deviendra l’Hôtel d’Orvilliers pour avoir appartenu à Claude Guillouet d’Orvilliers père de l’amiral Louis Guillouet d’Orvilliers, lieutenant général des armées navales, né à Moulins le 24 mars 1710 et mort dans sa ville natale âgé de 82 ans, le 14 avril 1792.
Au milieu du XIXème siècle, l’immeuble fut occupé par l’imprimeur-libraire Martial Place. C’est dans cette demeure que le dimanche 1er juin 1845, dix personnes se sont réunies pour créer une association à but culturel. Elle devint la Société d’Emulation du Bourbonnais.
Pendant plus de la moitié du XXème siècle, le rez-de-chaussée fut occupé par un commerce de tissus très connu des moulinois : la maison Delaume et Besson.
Après différentes affectations l’immeuble est actuellement loué à l’agence « Allier Bourbonnais Attractivité ».
Cet ancien immeuble a été inscrit à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques en 1929.
Le haut de la façade donnant rue d’Allier est décorée de volutes et de rinceaux. Deux gargouilles représentent des griffons et des chimères, mais à l’origine il y en avait trois. Le rez-de-chaussée a été complètement remanié et défiguré à l’époque de la « Grande Maison du Blanc » (Delaume et Besson).
Par contre, la cour intérieure conserve une tour d’escalier à vis avec des fenêtres du XVème siècle. La porte est surmontée d’une accolade décorée de choux frisés et d’un personnage sculpté traité en cul-de-lampe.
À la fenêtre du deuxième étage se trouve la statue d’un moine lisant évoquant le symbole du livre ouvert, autrement dit « la vérité propagée ».
Georges Chatard




