Léonie PILOT nait le 3 février 1870 rue du Cherche-midi à Moulins. Elle est la 4ème enfant de Désiré Pilot, limonadier originaire de Vallon en Sully et de Marie Talon née à Montbeugny. Les Pilot vivent ensuite quelques années à Trévol où le père est fermier à Avrilly avant de s’établir comme commerçant à Champfeu à Avermes, c’est là que le dernier enfant voit le jour.
Pour une raison inconnue, la famille quitte l’Allier vers 1882, vraisemblablement pour Paris.
On y retrouve alors celle qui se fait appeler désormais Noémie DEBIENNE fréquentant la bourgeoisie parisienne en 1887. Sa mère a épousé un nommé Debienne après son veuvage ; le frère puiné de Noémie prendra le nom de Pilot-Debienne.
En cette fin de XIXème, l’instruction scolaire est obligatoire et l’enseignement du dessin et de la musique est un gage de belle éducation pour les filles.
La jeune femme a donc reçu une éducation artistique puisque en 1890, on joue au concert de la Tour Eiffel à Paris un boléro composé par Noémie Debienne sur les paroles du baron Deslandes, c’est un grand succès.
Elle a tout juste 20 ans et fait déjà partie de la Société des Auteurs et Compositeurs.
Emile Vivier-Deslandes, ancien marin reconverti dans la diplomatie (il est sous-préfet de Montluçon en 1866) est le père de la fameuse baronne Madeleine Deslandes. Cette habituée des chroniques mondaines de la presse parisienne fut la maîtresse de Maurice Barrès et l’amie de Colette.
On ne connaît pas la nature des relations entre Noémie et le baron. Cependant Emile Deslandes écrit en 1893 un récit « Cœurs de marins » qu’il dédicace à la jeune femme avec son portrait en frontispice. Leur amitié durera jusqu’à la mort du baron en 1917 et il la désigne sur son testament pour la remercier de l’avoir accompagné dans la vie et de l’avoir soutenu par son affection filiale. On sait aussi que Emile Deslandes, féru d’occultisme et grand ami de Papus avait introduit Noémie à la Société astronomique de France.
Ils ont été voisins quelques années rue de la Rochefoucauld (9ème) avant d’habiter dans le même immeuble 24 rue d’Aumale (9ème) à Paris.
Après la musique, Noémie Debienne prend une nouvelle voie. Le sculpteur renommé Anatole Marquet de Vasselot (1840-1904) donne à Paris au 7 rue de Talma « un cours de sculpture pour jeunes filles et femmes du monde ». Noémie sera une de ses fidèles élèves.
Il faut signaler qu’à cette période, Paris est un centre artistique par excellence et il y a une multitude de cours et d’ateliers privés attestant du désir de nombreuses jeunes femmes de faire carrière dans ce domaine.
Dès lors, elle expose régulièrement ses œuvres avec 2 sculptures en 1894 : « Ma mère », buste de marbre et « Hésitation », statuette de marbre. Bien d’autres suivront telles « Désespoir » en 1896, attribuée par l’Etat à la ville de Dax en 1907 ou encore « Terre endormie » en 1909, acquise par la ville de Clichy-la-Garenne.
En 1898, Noémie Debienne devient membre de la Société des artistes français. Mais elle sculpte aussi pour des particuliers tel le magnifique buste d’Auguste Bélières (1856-1921), pharmacien à Paris, qui trône aujourd’hui dans le salon d’honneur de la mairie d’Estaing (Aveyron). La famille Bélières a fait don à la ville d’Estaing de la maison qui abrite aujourd’hui l’hôtel de ville.
Elle a obtenu le prix de la sculpture de l’union des femmes peintres et sculpteurs en 1906. Talentueuse artiste statuaire, elle expose ses œuvres au Salon des artistes jusqu’en 1913.
Compositrice, sculptrice, Noémie est aussi artiste peintre. Enfin dans les années 1930, elle publie des ouvrages essentiellement des poèmes : « Avant de partir » (préface de Raoul Follereau) en 1935, « L’appel de l’inconnu » en 1939.
Elle a été reconnue par ses pairs puisque Abel Faure signe un papier dans le Progrès de l’Allier du 29 décembre 1929 intitulé « Nos artistes bourbonnais » où il cite Noémie Debienne ainsi que Pierre Laurent et Jeanne Labouesse.
Léonie Pilot dite Noémie Debienne se retire à Auribeau sur Siagne (06) où elle décède le 23 mars 1954.
Christine MORER



