Philippe Cachau Chercheur associé (UR 538) Historien de l’art et du patrimoine En 1752, l’architecte du roi Jacques Hardouin-Mansart de Sagonne acquiert la seigneurie de Lurcy-Lévis pour la somme considérable de 600 000 livres. Afin de financer une partie de cette acquisition, il décide, dès l’année suivante, de concéder l’exploitation de la forêt de Champroux à un marchand de bois parisien de renom, associé à deux financiers. Ce qui devait constituer une opération avantageuse se transforme cependant rapidement en un contentieux majeur. L’exploitation de la forêt donne lieu à de graves différends, au détriment de l’architecte, conduisant à l’ouverture d’un long procès qui s’étend sur plus d’une décennie. De 1757 à 1766, l’affaire est portée devant des juridictions d’exception, notamment la Table de Marbre de Paris et le Conseil du roi, témoignant de son importance et de ses enjeux. Ce litige suscite de nombreuses expertises, parmi lesquelles le remarquable « procès-verbal Mansart », vaste registre établi entre 1760 et 1761, qui constitue aujourd’hui une source précieuse pour la connaissance des pratiques forestières, juridiques et économiques de l’époque. À ces documents s’ajoutent de nombreux plans et relevés, conservés aux Archives nationales ainsi qu’aux Archives départementales. À travers cette affaire, c’est tout…